Remontée dans le territoire

L’itinéraire

4:29 min. - Sur la côte nord du fleuve St-Laurent, les Innus remontaient dans le territoire en suivant le parcours des grandes rivières. Voici l’itinéraire des Innus d’Ekuanitshit (Mingan) et de Natashquan.

Transcription

Joseph Bellefleur - Nous prenions la rivière Natashquan tout le long jusqu'à Nipi-shipu et là, nous traversions la rivière Aguanish. Ensuite, nous traversions la rivière Kuanissiu-shipu, ce qui nous amenait à un endroit où il y avait quatre portages. De là, nous progressions jusqu'à un endroit appelé « Uematakan », un lieu où il y avait beaucoup de rapides. Nous entreprenions alors un très long portage. En suivant un de ces portages, nous arrivons à un endroit appelé "le derrière d'un cheval" (Kapenakashkueu Metish). C'était une montagne avec une falaise dont la forme rappelait l'arrière train d'un cheval. Ce nom est donné à toute la région, la montagne elle-même et quelques lacs autour. Quand on regarde dans une direction, on voit, bien sûr, l'arrière train du cheval. Mais dans l'autre direction, c'est la tête que l'on voit. Ensuite, nous arrivions dans la région de Minai Nipi où nous empruntions une rivière très sinueuse appelée elle aussi Minai Nipi. Plus nous montions cette rivière, plus elle devenait étroite. Mais elle demeurait tout aussi sinueuse. Elle nous amenait au lac Menai Nipi, notre territoire traditionnel.
Narration - Évidemment, tout ce voyagement était tributaire de la température, celle d'aujourd'hui, celle de demain.
Basile Bellefleur - Par exemple, si, le soir, le vent vient de l'est et que, le lendemain matin, il est encore de l'est, on ne bougera pas. Cela signifie que le mauvais temps s'en vient. Si, pendant la nuit, le vent change de direction vers l'ouest ou vers le nord, cela signifie que le beau temps s'en vient.
Joseph Bernard - Nous partions de Mingan pour aller à Tshishe-shastshit. Je me rappelle y être allé deux fois. La dernière, je devais avoir 12 ans et je pouvais déjà faire tous les travaux exigés. Par exemple, je partais seul pour chasser, ou encore, j'accompagnais mon grand-père pour aller nous ravitailler à Tshishe-shastshit. Vers le 5 août, nous partions vers l'intérieur des terres et, autour du 16, nous commencions à remonter la rivière par son embouchure. Il y avait trente-six portages à faire. Heureusement, ils n'étaient pas trop longs. Tout au plus, il y en avait deux qui étaient plus longs, c'est-à-dire qu'ils s'étendaient sur une distance de six milles. Il nous fallait quatre voyages à pied pour tout transporter notre équipement. C'est que nous préférions ne pas porter de trop lourdes charges. Mon grand-père remplissait son canot de façon à ce que nous ayons tout le nécessaire pour rester en forêt jusqu'au mois de juin suivant.
Musique - Rodrigue Fontaine, Bill St-Onge, Luc Bacon

Dans un canot traditionnel, trois Innus traversent un lac à la rame
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15 mots et expressions liés

kapatauat
ils font du portage
kassekau
chute
matapeshtau
il finit son portage
minishtiku
île
nakatshun
au pied (au bas) des rapides
natai-kukushu
remonter le courant à la perche
nishtamitikutsheu
il rame en avant
pakauat
ils débarquent du canot
piutamu
il descend les rapides en canot
takuaitsheu
elle dirige le canot
uashtessiu
les arbres changent de couleur
uauakashkuaimuat
ils rament dans un cours d'eau sinueux
uishitshiminana
des airelles d'Ida
uiushuat
ils transportent des bagages sur leur dos
ushkuepakau
forêt de bouleaux



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