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Planification

Les préparatifs au quotidien

13:10 min. - Durant l’été, les hommes devaient voir à la nourriture de tout le monde, à la réparation des canots et au soutien des plus démunis. C’est par le jeu que l’on incitait les garçons à participer. C’était aussi le moment où la sage-femme rencontrait les futures mères et s’enquérait du moment et du lieu de leur accouchement en forêt.

Transcription

Narration - Durant l'été, les hommes devaient voir à la nourriture de tout le monde, à la réparation des canots et au soutien des plus démunis. C'est par le jeu que l'on incitait les garçons à participer.
Armand Germain - Je vais raconter une histoire du temps où j'étais en forêt. Cette fois-là, nous étions assez nombreux, au total onze familles. Dans notre famille, il y avait des oncles, de la parenté et un aîné. Mais, avant même que nous soyons rendus très loin en forêt, deux aînés se sont ainsi parlés. Ils savaient où étaient les animaux, les baies et les graines rouges, où seraient le caribou et les castors. Ils ont discuté de beaucoup de choses. En utilisant comme référence le coucher de soleil, ils ont parlé des endroits que nous pouvions atteindre, de quelle rivière il s'agissait, comment elle s'appelait et de quel côté nous allions arriver. Toujours en donnant l'image de référence du coucher de soleil. Puis, ils ont décidé du départ. Même si nous étions nombreux, il devait y avoir une vingtaine de canots, nous sommes tous partis ensemble. C'est un des aînés qui dirigeait la manoeuvre, qui décidait où s'arrêter pour dîner. Il connaissait bien l'endroit pour y être venu souvent en canot. Plus tard, un autre aîné a pris sa place. C'est nous qui étions les derniers. C'est lui qui nous a dit par où passer et de quel côté de la rivière Caniapiscau il fallait arriver. Avant la séparation du groupe, il y a eu une rencontre d'une journée. Nous avons planifié l'endroit pour la rencontre de Noël.
Alain Nepton - Le lac St-Jean, c’est le point d’arrivée de plusieurs rivières, il est rond et avec les rivières autour, on dirait une étoile. Les rivières les plus longues ont 400 à 500 kilomètres. La rivière Péribonka est la plus longue. On va jusqu’au centre du Québec et vers la Baie James. Les gens d’ici voyageaient jusque là, on rencontrait des gens de Betsiamites, des Cris de Mistassini et des Attikameks du côté ouest. Les Montagnais montaient dans le bois, ils ne restaient pas longtemps ici, en fait, ils avaient plutôt leur résidence dans la forêt, si je peux m’exprimer ainsi. Ils partaient en canot au mois d’août. Les plus près revenaient pour Noël. Les autres ne revenaient qu’au printemps et des fois l’année suivante.
Narration - Johnny Bossum est un bel exemple de l'influence de ce carrefour. Johnny est originaire de Mistassini et demeure à Pointe-Bleue depuis longtemps. Sa mère vient de Waskaganish (municipalité de Baie-James) et son père est de Betsiamites.
Délima André - Tous les Innus de Uashat et de la Mishta-shipu montaient dans le bois. Mais les plus vieux, eux, restaient près de la mer et devaient quand même subvenir à leurs besoins. Notre père s'est toujours occupé de nous sans l'aide du gouvernement. Nous vivions des produits de la chasse et de la pêche, comme tous les autres d'ailleurs. Pour les provisions, le magasin nous faisait crédit et, au retour de la période de trappe, nous réglions la facture. Avec le reste de l'argent, nous achetions nos provisions pour l'année en forêt, c'est-à-dire trois barils de farine et une caisse de thé; nous achetions beaucoup de thé pour la période de chasse. Au mois d'août, lors du passage annuel du prêtre à la mission de Uashat, nous y allions tous. Il y avait une procession en l'honneur de la Vierge Marie et, après, tous les Innus montaient en forêt. Les préparatifs comme tels ne duraient qu'une nuit.
Philippe Pietacho - Dans la région de Mingan, il y avait plusieurs endroits où les Innus montaient dans le bois : Shipaitakan, la rivière Magpie et la rivière Saint-Jean. Et ici, à la rivière Romaine, il y a un portage tout près. Quand ils descendaient à la mer, c'est ici que les Innus demeuraient, dans les îles. C'est ici qu'ils prenaient le phoque pour en faire de l'huile et des mocassins.
C'est ici que les Innus ont toujours chassé au printemps. En mai il y avait des campements partout pour attraper le canard, une chasse nous permettant de rencontrer nos vieux amis, après un hiver en forêt. Nous nous trouvions plusieurs sur différentes îles et quand nous faisions feu sur une volée, nous le faisions de façon à ce que les oiseaux épargnés fuient en direction de nos amis des îles voisines. C'était très amusant. C'est ici que nous venions plumer nos canards. Nous venions pendant les marées hautes. De nos jours, il y a encore beaucoup de canards. C'est la vie que j'ai connue. À chaque année on avait très hâte de revoir les îles et nos amis... Avant la remontée, on se disait toujours au revoir, en organisant une grande fête.
Shimun Mestenapeo - Nous descendions à la mer en juin et nous remontions en juillet. Nous vivions pratiquement toujours dans le bois.
Philippe Pietacho
Musique - Rodrigue Fontaine, Bill St-Onge, Luc Bacon

Deux femmes innues prennent la mesure d'une toile pour en faire une tente
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