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Planification

Les préparatifs, l’enseignement traditionnel

9:16 min. - Après les grands rassemblements et les mariages, les Innus se préparaient déjà à la remontée en forêt. Toutes les occasions étaient bonnes alors pour donner de l’information aux plus jeunes.

Transcription

Narration - Après les grands rassemblements et les mariages, les Innus se préparaient déjà à la remontée en forêt. Toutes les occasions étaient bonnes alors pour donner de l'information aux plus jeunes. C'était aussi le moment où la sage-femme rencontrait les futures mères et s'enquérait du moment et du lieu de leur accouchement en forêt.
Véronique André - On nous donne ces petits fruits gratuits; on en mangera longtemps cet hiver. Les fruits mûrs sont en dessous et, si tu brasses la plante, ils vont tomber. Ce sont les meilleurs qui tombent par terre.
Anne Philomène Mestokosho - On se servait de cette mousse de marécage pour faire des couches d'enfants. On la nettoyait et on la faisait sécher dans les arbres. Si jamais le bébé avait les fesses rouges, on lui mettait de la mousse directement sur la peau. J'en ai mis à mes enfants, avec des couches de coton. C'était avant que les couches commerciales ne soient disponibles.
Mélina Mollen - C'est un monstre qui t'a attaqué... À quoi trouves-tu que cette plante ressemble ?
Nukum - Je trouve qu'elle a la forme d'un poisson. On dirait qu'elle ressemble à un poisson, la gueule ouverte...
Marie Clara Jourdain - L'enseignement chez la fille et le garçon est différent. Pour la fille, on lui apprend ce qui se fait à l'intérieur de la maison. On lui apprend à faire à manger et à tout mettre en ordre, à faire le ménage. La fille apprend à coudre de petites choses, des choses sans importance si elle les brise. Après, elle recommence et recommence. C'est ainsi qu'elle apprend. Pour la broderie, la fille apprend au village. En forêt, c'est tout autre chose: elle apprend ce qui sera vraiment utile. Mais on brodait les mitaines et les manteaux des chasseurs pour qu'ils se trouvent beaux et aiment aller à la chasse.
Mélina Mollen - Cette plante a la forme d'un foetus de bébé.
Nukum - On se sert de la mousse de marécage pour nettoyer la vaisselle et les chaudrons : elle enlève très bien la graisse.
Armand Germain - J'avais 5 ans quand je suis allé me promener en canot avec mon grand-père. C'est mon grand-père qui m'a appris à chasser. Il m'a dit de faire attention à tout, de tout respecter et, surtout, de ne pas tuer l'animal pour rien. Il faut respecter tout ce qui est vivant. Quand tu rencontres quelqu'un, il faut que tu lui donnes quelque chose. Que tu lui donnes à manger, même si c'est très peu, même si c'est juste de l'eau. C'est déjà beaucoup.
C'est ce que mon grand-père m'a enseigné. Mon père m'a dit de ne jamais me disputer pour le territoire. Bien que nous soyons nombreux dans notre famille, on ne se divise pas le territoire, on l'occupe ensemble. Si je chasse, je le dis à mes frères. Je leur raconte ce que j'ai fait, où je suis allé et comment est le territoire. Nous parlons des moyens pour mieux le protéger et le régénérer, pour qu'il soit au repos un an ou deux et pour qu'on n'y tue pas tous les animaux. Mon père nous l'a enseigné comme il l'avait lui-même appris de son père. Il nous a montré le territoire où mon grand-père vivait. Il nous a fait voir les portages et nous a expliqué leurs noms. Il nous a présenté les endroits où l'on pouvait camper l'automne et l'hiver, des endroits où tout était pensé en fonction du gibier et du poisson. C'est mon grand-père qui l'a enseigné à mon père.
Narration - Quand on sait comment vivre en forêt, le fait d'être ici ou là est plus ou moins important. Ce qui compte, c'est d'avoir avec soi le nécessaire pour vivre, c'est-à-dire de l'eau, du bois et un endroit pour pêcher. La route et les lieux à visiter nous venaient en écoutant les aînés parler du territoire. Ils avaient une façon très précise de le décrire. Ils projetaient une vision mentale de l'endroit où nous serions à chaque coucher de soleil. La langue innue permet de décrire tout le trajet et de le vérifier à chaque coucher de soleil, comme une carte géographique. Chaque portage, chaque rivière, chaque lac, chaque montagne, a un nom significatif.
Armand Germain - Ma conception du territoire est la même que celle des aînés. Ce sont eux qui me l'ont montrée. Il y aura toujours des Innus en forêt, à l'intérieur des terres. J'espère qu'ils auront la même façon de voir les choses que l'ont nos aînés. Il faut que l'on transmette de génération en génération cette façon de penser, ce système cohérent structuré autour du respect.
Aujourd'hui, nous disons quelque chose à un enfant et, souvent, il se fâche. Il manque de respect envers les aînés. Voilà où nous en sommes rendus. L'enfant doit savoir que les fondements et l'enseignement de la vie innue sont à l'intérieur des terres. Ce n'est que là qu'il apprendra à se comporter et à vivre en Innu. Quand il descendra au bord de la mer, quand il ira en ville, il pourra conserver sa pensée innue, un mode de vie basé sur le respect. Aujourd'hui, dans la société de consommation, les jeunes sont friands de beaucoup de choses. Ils pensent que notre mode de vie n'était rien. Mais si l'enseignement est bien transmis, ils retrouveront la pensée innue, celle des aînés, une pensée dont la source est le respect de tout.
Musique - Rodrigue Fontaine, Bill St-Onge, Luc Bacon

Une aînée d'Ekuanitshit enseigne à ses petits-enfants certaines de ses connaissances sur les plantes
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