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Visite du territoire

Histoires vécues

7:15 min. - Beaucoup d’Innus, depuis très, très longtemps empruntent la route des portages. Des milliers d’histoires se sont vécues, en voici l’une d’elle.

Transcription

Caroline Michel Vollant - J'ai vu une seule fois. C'était à Tshishe-shastshit. Les chasseurs voulaient savoir des choses sur le gibier. Ils ont monté une tente tremblante. L'homme qui entre dans la tente tremblante peut s'adresser aux animaux innus. J'ai entendu plusieurs voix animales s'échapper de la tente. Je me rappelle surtout de l'outarde et du huard. La cérémonie dura longtemps. Je me suis endormie. Aujourd'hui, on ne fait plus la tente tremblante. Mais je crois que nous avons encore les pouvoirs. Ils sont peut-être endormis.
Pierre Michel - Il y a un lien entre les animaux, la terre et l'Innu. Celui qui va à la chasse vit avec les animaux. L'Innu cherche sa nourriture. Pour se rendre à l'intérieur des terres et atteindre nos territoires de chasse, là où se trouve le caribou. Le caribou nous donne tout : ses os pour certains outils, sa peau pour nous vêtir, sa chair et sa graisse pour nous nourrir. C'est bon de faire le makusham avec les siens, un grand festin pour célébrer la chasse et respecter l'esprit de l'animal.
Zacharie Bellefleur - Tout est vivant. Plus jeune je l'ignorais. Mais arrive un jour où tu dis à ton tour ce qu'on t'a dit: « tout est vivant », et bien au-delà de ce que l'on voit avec nos yeux... Tout mérite respect. Il y a des présences dans la forêt. On dit: Katimetsheshut: Innu des bois. Ces êtres voyagent par l'air ou avec l'air. Une seule personne du clan les voit. Parfois des munitions disparaissent. Des pièges sont retournés... Ils n'ont jamais fait de mal à l'Innu.
Caroline Michel - J'ai vécu sur ce territoire jusqu'à l'âge de dix ans. Je me souviens du portage où la forêt a brûlé. On y entendait des bruits, des choses étranges. Nous étions la première famille à monter à l'intérieur des terres cette année-là. Nous trouvions des traces de passage dans les herbes du marécage, mais il n'y avait pas d'empreintes sur le sol. Ma mère disait qu'il y avait des signes, des choses bizarres tout le long du trajet. Mon père décida de monter un campement sur une île pour voir si quelqu'un ou... je ne sais pas quoi... nous poursuivait. Il n'y avait pas de lune cette nuit-là. Un écureuil criait près du campement. Je n'entendais que lui. J'avais déjà entendu dire que l'écureuil en colère la nuit est un mauvais présage. Le lendemain, mon père le confirma en nous disant que nous allions perdre un des nôtres. C'est lui qui nous a quitté. Il s'est noyé au printemps de cette année-là. Je n'étais pas revenue ici depuis.
Musique - Philippe Mckenzie

Paysage sur la rivière Minai-nipi
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amipushu
étendue d'eau calme
ka tshimanakaniht kukushuakanashkuat
lieu où sont plantées les perches
kakatshat
portage à paliers
kapatakan-meshkanau
chemin de portage
kapatauat
ils font du portage
kassekau
chute
kusseupu
pêcher
manukashunanu
on monte le campement
matapeshtau
il finit son portage
minishtiku
île
nakatshun
au pied (au bas) des rapides
naneu
rivage
natai-kukushu
remonter le courant à la perche
nutinakamishtin
le lac est légèrement ridé par la brise
pakauat
ils débarquent du canot
paushtiku
rapides
pimashu
il se déplace avec le vent
piutamu
il descend les rapides en canot
takuaitsheu
elle dirige le canot
tshiashi-nikuashkan
ancien cimetière
uanikamuat
embarquement en canot
uauakashkuaimuat
ils rament dans un cours d'eau sinueux
uiushuat
ils transportent des bagages sur leur dos
ushkatakau
repousse d'arbres
utakuai-papamishkauat
ils se promènent en canot en soirée



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