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Grand-mère

Portrait de la grand-mère

3:37 min. - Portrait d’Evelyne, présentation de la grand-mère à Laura.

Transcription

Evelyne St-Onge - Je suis née à Moisie. Moisie est un village situé à l’embouchure de la rivière Moisie. À ce moment-là, les Innus et les non-autochtones vivaient ensemble. J’ai demeuré là jusqu’à l’âge de 5 ans. Après nous avons déménagé à Mani-utenam. Tous les Innus qui vivaient à Moisie sont déménagés à Mani-utenam.
Quand on est arrivés, il y avait quelques maisons et en même temps on bâtissait un pensionnat. J’avais 7 ans. Au pensionnat, il y avait des gens de La Romaine, Natashquan, Mingan, Betsiamites et Schefferville. Ça nous a permis de se connaître. J’ai fréquenté le pensionnat 3 ans et à partir de la 4ième année, j’ai été pensionnaire jusqu’à ma 11ième année. J’ai été pensionnaire parce que ma mère a été demandée pour travailler avec le curé à Schefferville. Ma mère était enseignante de catéchèse et aussi traductrice. Nous sommes montés toute la famille à Schefferville et pour continuer les études, nous sommes revenus à Mani-utenam, sommes devenus pensionnaires. Ça nous rattachait à quelque chose de commun entre nous. On apprenait une nouvelle culture. C’était complètement différent de ce que l’on avait connu à la maison. Moi quand je suis entrée au pensionnat, je ne connaissais pas un mot de français. Ça été une coupure avec mes parents, avec la langue, une coupure avec toutes les activités traditionnelles, une coupure avec une façon de vivre que je devais vivre. Quand je suis allée au pensionnat, j’avais subi une humiliation de la part d’une religieuse. À partir de ce moment-là, j’ai arrêté de parler, je ne disais plus un mot. Je me sentais comme rejetée, abandonnée, j’étais très gênée, très timide. Avec mes performances à l’école, j’arrivais à survivre. Ça m’a poursuivie longtemps dans ma vie. Mon père était un très bon vivant, un bon conteur, un comique. Il travaillait beaucoup avec les arpenteurs. Il a voyagé beaucoup. Il a travaillé à travers le Québec. Il y a beaucoup de monde qui sont venus chez nous. On était très visités par les ethnologues et les anthropologues. On était comme épiés, étudiés pendant longtemps.
Musique - Kathia Rock

Photo de la famille St-Onge dans les années 1950
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